« Dans l’Azawad et en Libye, tu as une arme pour te protéger ou la vendre pour voyager »

Ceci est le témoignage d’un réfugié Touareg en France, qui souhaite garder l’anonymat.

Quand as-tu quitté le Mali et pour quelles raisons ?

En 2012, j’ai décidé de quitter le Mali. Le manque de perspectives et la situation sécuritaire m’ont incité à quitter mon pays et à aller tenter ma chance ailleurs. Je suis allé en Algérie, puis en Libye et ensuite j’ai rejoint la France. Avant de partir, je faisais des petits boulots (manutentionnaire, ouvrier, guide touristique…), que j’ai continué à exercer dans ces différents pays .

Comment était la vie en Libye?

En Libye, il y avait du travail avant la guerre. Mais on arrivait tout juste à nourrir son ventre, comme on dit chez nous, on ne pouvait pas faire grand chose d’autre. Dans la plupart des cas on travaillait pour se nourrir, sans réaliser de projets. On ne pouvait pas voyager, on n’était pas reconnus comme citoyen libyen. Nous n’avions donc pas les mêmes droits que les Libyens. On restait là… mais quand même, nous, les Touaregs, on ne nous expulsait pas de ce pays à ce moment-là.

Alors qu’est-ce qui t’a poussé à quitter la Libye?

J’ai voulu tenter ma chance ailleurs. Je ne supportais pas l’ambiance du pays en guerre, rien ne me donnait envie de rester.

Quelle est ta situation en France ?

Ici, le statut de réfugié me donne des droits et des devoirs, ce n’est pas comme dans les autres pays que j’ai connu. C’est déjà une très bonne chose. Je me forme présentement dans la restauration et ça me plaît. J’apprends de nouvelles choses, avec cette formation je peux espérer trouver un emploi où que j’aille. Je suis heureux de pouvoir me former et de travailler pour vivre dignement.

Quels sont tes projets ici ?

Il faut d’abord que je termine cette formation en restauration, après je pourrai me projeter dans l’avenir. Moi, je pense comme ça. J’aime bien la restauration, c’est un domaine où je ne vais pas chômer, en tout cas je l’espère. C’est une étape très importante pour s’en sortir, une possibilité que nous n’avons pas dans nos pays. Si nous, les Touaregs, avions ces possibilités chez nous, nous ne viendrions pas ici. Rares sont ceux d’entre nous qui souhaitent quitter leur pays natal, c’est la guerre qui nous y pousse.

Comment as-tu vécu la rencontre avec la diaspora touarègue en Europe ?

Avant de les rencontrer, j’étais terriblement nostalgique. Finalement, découvrir toute cette jeunesse de chez moi, ça m’a fait du bien, j’étais vraiment très content, heureux de ces retrouvailles. Car ici, chacun d’entre nous est assez isolé. Les gens ne se voient pas, sauf ceux qui travaillent ensemble ou ont quelque chose en commun ou sont très proches géographiquement, mais même dans ce cas ce n’est pas facile. Chacun est dans son coin, pris par ses activités. Je trouve que c’est une bonne chose de pouvoir se rencontrer, ça  fait du bien et aucun mal. Cela ne nous empêche pas de faire ce qu’on a à faire.

Qu’est-ce qui t’a le plus surpris en France?

Le froid ! Je n’imaginais pas qu’il pouvait faire aussi froid. Ça m’a vraiment surpris.
Autrement, c’est l’attitude des gens qui m’a le plus perturbé. Quand ils venaient chez nous, au nord du Mali, les touristes français et autres européens étaient souriants, très ouverts, ils rigolaient beaucoup, très intéressés par notre mode de vie… Mais ici, dans la vie ordinaire, ce n’est pas pareil. Il y a une sorte de distance, de méfiance envers celui qu’on ne connaît pas. C’est ce que je ressens dans beaucoup de cas. L’attitude des gens donne l’impression qu’ils ont peur de l’autre, de l’étranger… Ils ne sont pas tous comme ça, heureusement. Je ne comprends pas cette attitude, je ne comprends pas à quoi cela correspond, je n’ai jamais connu cette situation ! Vraiment, je ne comprends pas. Dans les pays africains où je suis allé cette peur ou cette méfiance de l’autre, même quand on ne le connaît pas, n’existe pas. Je ne connaissais pas ces comportements avant d’être ici. C’est surprenant pour moi.

As-tu reçu de l’aide en France ?

 Il existe des collectifs indépendants et des associations, comme SOS refoulement, qui nous aident de temps en temps. Par exemple, la communauté maghrébine a un certain esprit de partage avec les jeunes migrants et distribue des repas surtout en période hivernale et les loge de temps en temps…

Quel est ton message pour ceux qui veulent venir en Europe ?

La majorité de ceux qui viennent ici n’ont vraiment aucun espoir dans leur pays, ils quittent sans savoir ce qui va se passer ni ce qui les attend. C’est une question de vie ou de mort. Ils cherchent à tout prix à s’éloigner de cette absence de perspective qui constitue leur vie quotidienne, sans oublier les risques d’être enrôlés par la multitude de mouvements armés qui gangrènent dans leur pays. Dans l’Azawad et en Libye, tu as une arme pour te protéger ou la vendre pour voyager. Il n’y a aucune possibilité de penser à l’avenir. C’est la peur au ventre et la survie au quotidien pour beaucoup de gens.

Quelle est la solution à cette immigration et à la guerre ?

Les puissances étrangères présentes sur le terrain doivent tôt ou tard assumer la responsabilité et les conséquences de ces conflits auxquelles elles participent directement. C’est à elles de trouver des solutions appropriées sinon pourquoi sont-elles sur le terrain ? Tout est à cause d’eux, personne n’a amené la guerre en Afrique, particulièrement dans l’Azawad, il y a des intérêts économiques et stratégiques pour ces puissances. Nos pays n’ont ni les moyens de faire la guerre ni ceux pour l’entretenir pendant des années. Les Touaregs et le Mali n’ont pas intérêt à se faire la guerre. C’est l’influence et l’ingérence de la politique des autres pays qui attisent cette guerre. Ceux (pays étrangers) qui disent qu’ils sont là pour la paix et le développement, créent et financent d’autres mouvements politiques ou armés pour faire durer le conflit et à d’autres fins qu’on comprendra dans les années à venir.

Libye : sans nationalité, sans passeport, c’est une prison à ciel ouvert pour les Kel-Tamasheq (Touaregs)

Les Kel-Tamasheq y combattent encore sur tous les fronts : contre l’EI (Etat islamique), contre les milices qui pullulent dans le pays et, récemment, contre les Toubous. Malgré tout, ils ne possèdent ni le passeport ni la nationalité de ce pays pour lequel ils meurent depuis des décennies.Et depuis 2013, sans numéro d’identification pas de salaire, que l’on soit militaire ou fonctionnaire civil.

 «Je ne sais pas à quoi ressemble un passeport. Je suis né et ai grandi en Libye, mais je ne possède aucune nationalité».

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«Le chercheur d’absolu»Théodore Monod, ambiance Tinariwen

Théodore_Monod_-_Aéroport_d'Atar_(Mauritanie)_-_20_décembre_1998 Crédit photo : Bruno Lecoquierre

Théodore_Monod_Aéroport_d’Atar (Mauritanie) 20 décembre 1998 Crédit photo : Bruno Lecoquierre

Voici deux extraits sonores d’un livre remarquable :« Le chercheur d’absolu » du philosophe, chercheur et humaniste français Théodore Monod.

J’ai eu l’occasion d’habiller en musique et en sons ces passages dans l’émission littéraire de   Richard Gaitet sur la Radio Nova.

« Panier de crabes à scandales »

« Tant que nos gouvernements n’auront pour fil conducteur que le pouvoir rimant avec l’argent et s’agiteront dans leurs paniers de crabes à scandales, le peuple en mal de finalité sera désorienté. »

« Possédés par nos possessions »

« Les silences sont enrichissants, je l’ai appris au contact d’un peuple de culture orale pour qui, la phrase, le poème, le conte, la légende sont des repères de mémoire à caractère sacré.

Le désert nous apprend à nous soustraire des futilités et inutilités… Dans son espace nous sommes à la limite de la survie. Les grandes cités nous submergent de superflus dans tous les domaines, ces boutiques de gadgets, cette marré de nourriture, de vêtements, ces maisons envahies par quantités de meubles et de biblio tout cela incite les gens à posséder, à acheter tout à crédit y compris leurs vacances. »

Pour écouter l’intégrale de l’émission Nova Book Box de la Radio Nova c’est ici

Un WorldMix Tamasheq sur Radio Nova

SaharaUn voyage musical qui nous mène de Tamanghasset (Algérie) à Kidal (Mali) en passant par Agadez (Niger) sans Rallye Paris-Dakar… C’est dans l’émission Néo Géo, présenté et réalisé par Bintou Simporé  & Benoît Thuault sur Radio Nova.

Pour écouter toute l’émission c’est ici

 

Témoignages de jeunes de Tessalit au nord du Mali

Centre-ville de Kidal.

Compilation de quelques témoignages anonymes en provenance du nord du Mali. Ici les journalistes sont inexistants, les écoles sont fermées et l’administration en berne. Les jeunes, les vieux, les notables et les représentants des communautés craignent de parler en toute liberté de ce qu’ils vivent.

21 mars 2015

Il vaut mieux faire une fois que d’entendre mille fois… Tout le monde est debout, à travailler, survivre.
Les bruits et la fureur , on ne les entend plus. Pas la peine.

Nous, Touaregs, depuis les coups de crayon des frontières créées par des étrangers, nous vivons dans des territoires qui ont gommé notre culture, notre histoire, notre mode de vie. Poursuivre la lecture

Entretien avec Mossa AG KEYNA « Mon objectif est que les Kel-Tamasheq (les Touaregs) obtiennent leur terre »

Mossa AG KEYNA Crédit photo: Pascale RAMEL

Mossa AG KEYNA Crédit photo: Pascale RAMEL

Je suis Mossa AG KEYNA, artiste musicien du groupe TOUMAST
Peux-tu me dire ce que tu as retenu de ton expérience en tant que combattant durant la rébellion des années 90 au Niger, qu’est-ce qui t’a marqué le plus et que tu as toujours à l’esprit ?
Mes idées n’ont pas changé. Mon objectif est que les Kel-Tamasheq (les Touaregs) obtiennent leur terre, peu importe que ce soit au Mali ou au Niger. L’essentiel que ce soit une terre des Kel-Tamasheq. C’est dans ce but que je me suis engagé dans la rébellion touarègue au Mali en 1990. Mais la guerre, je l’ai faite au Niger. La cause est la même, que ça soit au Mali ou au Niger, pour moi il n’y a pas de différence.

Donc, ta volonté, ta motivation sont toujours les mêmes ?
Oui, ce sont toujours les mêmes, rien n’a changé en moi et je ne perds pas espoir : cela arrivera un jour, d’une façon ou d’une autre. Je suis convaincu qu’un jour les Kel-Tamasheq auront un pays.
Lorsque je suis arrivé en Libye à la base militaire « 2-mars » en 1987, je n’avais que 15 ans. C’est là-bas que j’ai grandi, puis six ans plus tard, j’ai été blessé par balles dans les montagnes et je suis venue en France, grâce à l’aide et à la solidarité de certaines personnes. Les villes, je ne les ai pas connues. Je ne connais que le Ténéré, les montagnes d’Adagh Bous à la frontière avec l’Algérie et la Libye, Khalbaboti du côté de Ménaka et Tigharghar dans la région de Kidal. A cette époque, chaque combattant était le frère de l’autre, qu’il soit du Niger, du Mali ou de la Libye. Poursuivre la lecture

Entretien avec Keltoum Maïga Sennhauser : « Nous avons toujours été des démocrates »

Keltoum Maiga Sennhauser

Keltoum Maiga Sennhauser/Crédit photo: Désirée von Trotha

J’ai eu l’occasion de rencontrer Keltoum de passage à Paris et de pouvoir recueillir son point de vue au sujet du Mali. Nous avons d’ailleurs discuté librement pendant des heures.
Artiste connue, engagée sur tous les fronts, elle parle avec franchise et générosité. Rares sont les Touaregs qui se livrent ainsi en évoquant le conflit actuel. Certains même demeurent énigmatiques par crainte d’être jugés négativement ou d’être mal compris par leurs pairs.
Keltoum Maïga Sennhauser, originaire de Kidal, est peintre, plasticienne et chanteuse. Elle est productrice du premier album du groupe Tinariwen, intitulé « Ténéré ». C’est grâce à elle que Tinariwen enregistre pour la première fois dans un studio en Côte-d’Ivoire en 1992.
Keltoum est appréciée pour son talent musical, ses chansons et sa poésie. Elle a aussi créé un atelier de couture à Bamako. Poursuivre la lecture

Militant pour la cause touarègue dans les années 90, Ahmed Ousmane se bat pour promouvoir la culture Touarègue en France vers 1983

Crédit photo: Agdal WAISSAN

Crédit photo: Agdal WAISSAN

Ahmed Ousmane est conseiller spécial chargé du tourisme au cabinet du Premier ministre du Niger, j’ai eu cet entretien avec lui à la rencontre annuelle de la diaspora touarègue d’Europe.

 Je m’appelle Ahmed Ousmane, je suis né au Niger et, comme beaucoup de jeunes, j’ai quitté le Niger dans les années 80 pour aller en Libye.

Arrivés en Libye, nous nous sommes dit qu’il fallait commencer par apprendre avant tout à se protéger, protéger nos parents et nos terres, et cela devait commencer par l’apprentissage des armes. Poursuivre la lecture

Combattant pour la cause touarègue dès l’âge de 15 ans, avec toujours autant d’espoir, il donne sa vision de la situation actuelle au Mali et au Niger

Crédit photo: Omar Mokhtar

Je m’appelle Ibrahim Amoumine, je suis touareg, réfugié en France. J’ai participé depuis le début au problème touareg. J’ai rejoint les rébellions depuis les années 1984, j’avais 15 ans.

Donc, j’ai vécu, j’ai vu tout ce qui s’est passé depuis ces années jusqu’à aujourd’hui. Pour moi, tout ce que la communauté touarègue a entrepris depuis ces années jusqu’à aujourd’hui est positif. Ils ont atteint une très grande partie, la plus essentiel de leur combat et de leurs objectifs.

En 1984, on ne parle même pas de Touaregs, même chose au Niger. C’est une communauté comme les autres. Vers 1992-1993, il y a eu un soulèvement.  En 94-95, il y a eu des accords de paix entre les combattants touaregs et les autorités du Niger. Et, depuis ce jour, il y a eu la même  situation au Mali et ça continue. Aujourd’hui, lorsqu’on parle de la cause touarègue, on parle de l’ONU, de l’OUA, de l’UEMOA ; donc, ça atteint quand même un niveau international. Poursuivre la lecture

Kit de survie – Tartit Ghas (Union Seulement)

TARTIT GHAS

TARTIT GHAS

 

1.Tenons compte qu’à un certain âge nous ne devons plus rester sans rien faire, à attendre que notre chance tombe du ciel. Essayons d’être actif, de chercher, de se bouger, de prendre des risques, afin d’être utile à soi et à sa communauté. Ne soyons plus une charge, une simple bouche à nourrir pour la famille et les amis.

 2.Arrêtons de permettre que nos frères, nos sœurs et nos enfants ne fassent rien du matin au soir, nous sommes responsables de leur éducation et nous devons leur donner les outils pour affronter leur avenir. Trop souvent, les enfants sont livrés à eux-mêmes. Si nous voulons faire d’eux la relève de demain, nous devons être plus attentifs.

 3.Rappelons-nous qu’il ne faut plus confondre orgueil et fierté. Une estime excessive de soi ou de sa propre valeur peut induire en erreur lorsqu’on se croit supérieur aux autres.

 4.Tant que nous ne prenons pas en main notre destin afin de combattre l’ignorance, la division et les inégalités sociales, nous continuerons de supporter des souffrances parfaitement inutiles. Du fond de leurs tombes, nos ancêtres ont dû vivre bien d’autres aventures douloureuses, mais devons-nous de génération en génération et pour combien de décennies encore nous contenter de survivre faute d’adopter des comportements plus conformes au monde que nous côtoyons sans cesse?

 5.Ignorer notre « Achchek », qui est une valeur indissociable à notre identité, est une conduite suicidaire, car Achchek définit et impose un comportement et une conscience exemplaires de justice et d’altruisme envers les autres, et aussi un sentiment d’humiliation envers tout acte répréhensible.

 6.Toujours, défendons et appliquons des valeurs telles que la tolérance, la non-violence, le pardon, alors que, souvent, dans l’ombre, nous faisons le contraire. Dieu nous observe tous.

 7.Gardons en tête que Dieu ne décidera pas à notre place. Dieu nous facilite l’atteinte de toutes choses lorsqu’on s’engage et qu’on agit avec toute notre énergie.

 8.Hélas, nous pensons que la faute vient toujours de l’autre. Remettons-nous en question, car désigner l’autre comme responsable de nos malheurs est non seulement facile, mais nous maintient encore et toujours en position de victime.

 9.Attention ! l’argent, le pouvoir et la cupidité ne doivent JAMAIS prendre la place d’un frère.

 10.Seule l’union fait la force et les oignons font la sauce…

Comment survivre à la peur, à l’insécurité sans se mettre en danger soi-même?

Entre les frontières de Libye, de l’Algérie, du Nord-Mali et du Niger, dans les villes de Kidal, de Tamanrasset, de Djanet et d’Arlit se développe parallèlement à la guérilla un trafic de stupéfiants qui, contrairement au passé, est destiné à la consommation locale. Le marché est saturé de différents types de drogue et d’alcool, de provenance douteuse, donc doublement dangereuse de surcroît.

Une jeunesse au chômage et sans espoir devient une cible parfaite pour ce business lucratif qui génère des énormes flux d’argent. Ainsi les jeunes qui acceptent de se prêter à ce jeu dangereux se détruisent à petit feu et sont les plus exposés. La prise de ces stupéfiants, tel le LSD par exemple, un hallucinogène puissant et dangereux, favorise les recrutements au sein des mouvements armés qui dominent en maître dans ce no man’s land. Comme s’il fallait exciter et anesthésier les combattants avant de les envoyer à la boucherie et les laisser mourir dans une totale inconscience !

 Motivation à la consommation  du LSD

LSD (2)

Crédit photo: http://www.einslive.de/sendungen/plan_b/soundstories/2012/08/120814_hundert_nackte_kaengurus.jsp

 « Durant quarante-huit heures, tu te fous de  tout. Ça motive, on peut te bastonner et ça te  fait rire… Mais certains ne s’en remettent pas et  on commence à en avoir peur… »

Les Etats  concernés ne parviennent pas à éradiquer ce  trafic et sont loin d’apporter un challenge à  cette jeunesse sacrifiée. Le développement de  cette économie mafieuse et destructrice ne fait  qu’amplifier un climat de violence et de terreur  chronique : taux de criminalité en hausse, vol,  prostitution, délinquance et folie deviennent    monnaie courante. Poursuivre la lecture